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Recueillement

« Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le Soir ; il descend ; le voici :
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.
Pendant que des mortels la multitude vile,
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
Va cueillir des remords dans la fête servile,
Ma Douleur, donne-moi la main ; viens par ici,

Loin d’eux. Vois se pencher les défuntes Années,
Sur les balcons du ciel, en robes surannées ;
Surgir du fond des eaux le Regret souriant ;

Le Soleil moribond s’endormir sous une arche,
Et, comme un long linceul traînant à l’Orient,
Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche. »

Charles BAUDELAIRE
Les fleurs du mal

Charles utilise ici, consciemment ou non, un procédé proche de ce que nous pouvons apprendre à faire par et pour nous mêmes pour aller mieux : accueillir et recueillir ce qui nous entraîne dans la douleur, avec amour (patience, tolérance…) ET sagesse.

Il est intéressant de reprendre ce texte pour s’appuyer sur la clairvoyance du poète ici : il liste les causes supposées ou les pensées et formes de pensées qui conduisent à la douleur… Un bon moyen de comprendre qu’il est possible de vivre avec Les mots sans la douleur, car la douleur, comme le montre si bien le poème, est une force que nous créons le plus souvent par et pour nos pensées…

Je ne peux m’empêcher d’ajouter une note pour signaler que ce cher Charles a laissé un lourd tribu à l’humanité, celui d’un homme aux pensées sombres… Parfois illuminées par un éclair de génie humain, de sagesse ou d’amour, ou par quelque procédé littéraire ou trait d’esprit qui (malheureusement) donne à penser que c’est une oeuvre de qualité.

La qualité, selon moi, c’est celle qui dit tout à la foi, entre autres :

« J’aurais aimé passer ma vie à ne pas dire un mot ou bien juste les mots nécessaires à la venue de l’amour et de la clarté. »

« La perfection est atteinte, non pas lorsqu’il n’y a plus rien à ajouter, mais lorsqu’il n’y a plus rien à retirer. »

« Je parle lorsque je sais, lorsque mes paroles sont aimables, aimantes et utiles. »

Maj Majest,
Les mots sans la douleur

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