FacebookTwitter

Quelques citations issues de « Une vie bouleversée », Etty HILLESUM

« Et puisque, désormais libre, je ne veux plus rien posséder, désormais tout m’appartient et ma richesse intérieure est immense. »

« Il y a des gens qui cherchent à protéger leur propre corps, qui pourtant n’est plus que le réceptacle de mille angoisses et de mille haines.
Ils disent : « Moi, je ne tomberai pas sous leurs griffes ! »
Ils oublient qu’on n’est jamais sous les griffes de personne ! »

« Cette peur de ne pas tout avoir dans la vie, c’est elle justement qui vous fait tout manquer. Elle vous empêche d’atteindre l’essentiel. »

« Un être humain doit être assez sociable pour ne pas imposer aux autres ses humeurs. »

« Je ne crois plus que nous puissions corriger quoi que ce soit dans le monde extérieur, que nous n’ayons d’abord corrigé en nous. L’unique leçon de cette guerre est de nous avoir appris à chercher en nous-mêmes et pas ailleurs. »

« L’homme forge son destin de l’intérieur, voilà une affirmation bien téméraire. En revanche, l’homme est libre de choisir l’accueil qu’il fera à lui-même à ce destin. »

« On ne connaît pas la vie de quelqu’un si l’on n’en sait que les événements extérieurs. Pour connaître la vie de quelqu’un, il faut connaître ses rêves, ses rapports avec ses parents, ses états d’âme, ses désillusions. »

« En dépit de toutes les souffrances infligées et de toutes les injustices commises, je ne parviens pas à haïr les hommes. Toutes les horreurs et les atrocités perpétrées ne constituent pas une menace mystérieuse et lointaine, extérieure à nous, mais elles sont toutes proches de nous et émanent de nous-mêmes, êtres humains. »

« Ce ne sont jamais les choses du monde extérieur qui m’attristent, c’est toujours ce sentiment en moi, abattement, incertitude ou autre, qui donne aux choses extérieures leur coloration triste ou menaçante. Généralement, les mesures les plus menaçantes – et elles ne manquent pas en ce moment – viennent se briser sur ma certitude intérieure et ma confiance et, ainsi filtrées en moi, perdent le plus clair de leur caractère menaçant. »

« Si la paix s’installe un jour, elle ne pourra être authentique que si chaque individu fait d’abord la paix en soi-même, extirpe tout sentiment de haine pour quelque race ou quelque peuple que ce soit. »

« Il n’est pas au-dessous de la dignité humaine de souffrir. Je veux dire : on peut souffrir avec, ou sans dignité humaine. Je veux dire : la plupart des Occidentaux ignorent l’art de souffrir, tout ce qu’ils savent c’est se ronger d’angoisse. Ce que vivent la plupart des gens, ce n’est plus une vie : peur, résignation, amertume, haine, désespoir. »

Etty HILLESUM

Une vie bouleversée

[amazon_link asins=’2020246287,2020568330,2221114019,2757869841,2857045867′ template=’ProductCarousel1′ store=’partamazon-21′ marketplace=’FR’ link_id=’1b8f6ba9-341d-11e8-b032-7715d8ba72bc’]

« L’éventualité de la mort est intégrée à ma vie ; regarder la mort en face et l’accepter comme partie intégrante de la vie, c’est élargir cette vie. A l’inverse, sacrifier dès maintenant à la mort un morceau de cette vie, par peur de la mort et refus de l’accepter, c’est le meilleur moyen de ne garder qu’un pauvre petit bout de vie mutilée, méritant à peine le nom de vie.
Cela semble un paradoxe : en excluant la mort de sa vie, on se prive d’une vie complète, et en l’accueillant on élargit et on enrichit sa vie. »

« En apprenant à connaître ses forces et ses faiblesses et à les accepter, on accroît sa force.
Tout cela est très simple et s’impose à moi avec une clarté grandissante, et je voudrais vivre longtemps pour le faire partager avec la même évidence. »

« Dans mes actions et mes sensations quotidiennes les plus infimes se glisse un soupçon d’éternité. Je ne suis pas seule à être fatiguée, malade, triste ou angoissée, je le suis à l’unisson de millions d’autres à travers les siècles, tout cela c’est la vie.
La vie est belle et pleine de sens dans son absurdité, pour peu que l’on sache y ménager une place pour tout et la porter toute entière en soi dans son unité ; alors la vie, d’une manière ou d’une autre, forme un ensemble parfait.
Dès que l’on refuse ou veut éliminer certains éléments, dès que l’on suit son bon plaisir et son caprice pour admettre tel aspect de la vie et en rejeter tel autre, alors la vie devient en effet absurde : dès lors que l’ensemble est perdu, tout devient arbitraire. »

« L’effrayant c’est que des systèmes, en se développant, dépassent les hommes et les enserrent dans leur poigne satanique, leurs auteurs aussi bien que leurs victimes, de même que de grands édifices ou des tours, pourtant bâtis par la main de l’homme, s’élèvent au-dessus de nous, nous dominent et peuvent s’écrouler sur nous et nous ensevelir. »

« Bien des gens qui s’indignent aujourd’hui des injustices commises ne le font à vrai dire qu’autant qu’ils en sont les victimes. Aussi bien n’est-ce pas une authentique indignation, aux racines profondes. »

« Même si l’on doit connaître une mort affreuse, la force essentielle consiste à sentir au fond de soi, jusqu’à la fin, que la vie à un sens, qu’elle est belle, que l’on a réalisé toutes ses virtualités au cours d’une existence qui était bonne. »

« La vie est si curieuse, si surprenante, si nuancée, et chaque tournant du chemin nous découvre une vue entièrement nouvelle.
La plupart des gens ont une vision conventionnelle de la vie, or il faut s’affranchir intérieurement de tout, de toutes les représentations convenues, de tous les slogans, de toutes les idées sécurisantes, il faut avoir le courage de se détacher de tout, de toute norme et de tout critère conventionnel, il faut oser faire le grand bon dans le cosmos : alors la vie devient infiniment riche, elle déborde de dons, même au fond de la détresse. »

Etty HILLESUM

Une vie bouleversée

[amazon_link asins=’2020246287,2020568330,2221114019,2757869841,2857045867′ template=’ProductCarousel1′ store=’partamazon-21′ marketplace=’FR’ link_id=’1b8f6ba9-341d-11e8-b032-7715d8ba72bc’]

« J’ai en moi une immense confiance. Non pas la certitude de voir la vie extérieure tourner bien pour moi, mais celle de continuer à accepter la vie et à la trouver bonne, même dans les pires moments. »

« La vie et la mort, la souffrance et la joie, les ampoules des pieds meurtris, le jasmin derrière la maison, les persécutions, les atrocités sans nombre, tout, tout est en moi et forme un ensemble puissant ; je l’accepte comme un totalité indivisible et je commence à comprendre de mieux en mieux pour mon propre usage, sans pouvoir encore l’expliquer à d’autres, la logique de cette totalité ; je voudrais vivre longtemps pour être un jour en mesure de l’expliquer. J’ai réglé mes comptes avec la vie, je veux dire : l’éventualité de la mort est intégrée à ma vie ; regarder la mort en face et l’accepter comme un partie intégrante de la vie, c’est élargir cette vie. À l’inverse, sacrifier dès maintenant à la mort un morceau de cette vie, par peur de la mort et refus de l’accepter, c’est le meilleur moyen de ne garder qu’un pauvre petit bout de vie mutilée méritant à peine le nom de vie. Cela semble un paradoxe : en excluant la mort de sa vie on se prive d’une vie complète, en l’y accueillant on élargit et on enrichit sa vie. »

« Nous remarquions qu’il importait de ne pas perdre le sens de la vie : le sens de la vie, cela dépasse la vie. »

« Il faut d’abord apprendre à se pardonner ses défauts si l’on veut pardonner aux autres.
C’est peut-être l’un des apprentissages les plus difficiles pour un être humain, je le constate bien souvent chez les autres, que celui du pardon de ses propres erreurs, de ses propres fautes.
La condition première en est de pouvoir accepter, et accepter généreusement, le fait même de commettre des fautes et des erreurs. »

« Je ne vois pas d’autre issue : que chacun de nous fasse un retour sur lui-même et extirpe et anéantisse en lui tout ce qu’il croit devoir anéantir chez les autres. Et soyons bien convaincus que le moindre atome de haine que nous ajoutons à ce monde nous le rend plus inhospitalier qu’il n’est déjà. »

« Quand on veut avoir une influence morale sur les autres, il faut s’attaquer sérieusement à sa morale personnelle. »

« C’est ainsi que vivent les hommes. Ils se servent de l’autre pour se laisser persuader d’une chose à laquelle, au fond de leur cœur, ils ne croient pas.
On cherche dans l’autre un instrument pour couvrir le son de sa voix intérieure.
Si chacun de nous écoutait seulement un peu plus sa voix intérieure, s’il essayait seulement d’en faire retentir une en soi-même, alors il y aurait beaucoup moins de chaos dans le monde. »

« Pour humilier, il faut être deux. Celui qui humilie et celui que l’on veut humilier, mais surtout : celui qui veut bien se laisser humilier. »

« On est partout chez soi. Partout où s’étend le ciel on est chez soi. En tout lieu de cette terre on est chez soi lorsqu’on porte tout en soi. »

« Parfois quand je passe à bicyclette, pédalant tout doucement, totalement absorbée, par ce qui se déroule en moi, je me sens en possession de possibilités d’expression si impérieuses, si sûres, (…) Toute ma tendresse, l’intensité de mes émotions, la houle de ce lac, de cette mer, de cet océan de l’âme, je voudrais les déverser en cataracte dans un seul petit poème. »

Etty HILLESUM

Une vie bouleversée

[amazon_link asins=’2020246287,2020568330,2221114019,2757869841,2857045867′ template=’ProductCarousel1′ store=’partamazon-21′ marketplace=’FR’ link_id=’1b8f6ba9-341d-11e8-b032-7715d8ba72bc’]

« Il faut si peu de mots pour dire les quelques grandes choses qui comptent dans la vie. Si j’écris un jour, je voudrais tracer ainsi quelques mots au pinceau sur un grand fond de silence. »

« La plupart des occidentaux ignorent l’art de souffrir, tout ce qu’ils savent c’est se ronger d’angoisse. »

« J’ai senti l’émotion rompre les digues et me submerger et les larmes longtemps enfermées en moi ont soudain submergé mon coeur : il y avait en moi tant d’amour, tant de pitié, tant de douceur, mais aussi tant de force. »

Parlant du camp : « Et c’est à vous couper le souffle – on y retrouve toutes les facettes, les classes, les « ismes », les oppositions et les chapelles qui divisent la société. (…) Ils se retrouvent désormais dans un espace vide, seulement délimité par le ciel et la terre et qu’il leur faudra meubler de leurs propres ressources intérieures. (…) La solide armure que leur avait forgée position sociale, notoriété et fortune est tombée en pièces, leur laissant pour tout vêtement la mince chemise de leur humanité. »

« Dans ce monde saccagé, les chemins les plus courts d’un être à un autre sont des chemins intérieurs. (…) On ne connaît pas la vie de quelqu’un si l’on n’en sait que les événements extérieurs. Pour connaître la vie de quelqu’un, il faut connaître ses rêves, ses rapports avec ses parents, ses états d’âmes, ses désillusions, sa maladie, sa mort. »

« Les pires souffrances de l’homme sont celles qu’il redoute, car le grand obstacle c’est toujours la représentation et non la réalité. La réalité on la prend en charge avec toute la souffrance, toutes les difficultés qui s’y attachent – on la prend en charge, on la hisse sur ses épaules et c’est en la portant que l’on accroît son endurance. »

« Il me reste une leçon à apprendre, la plus dure, mon Dieu : assumer les souffrances que tu m’envoies et non celles que je me suis choisies. »

« Je me sens dépositaire d’un précieux fragment de vie, avec toutes les responsabilités que cela implique. Je me sens responsable du sentiment grand et beau que la vie m’inspire et j’ai le devoir d’essayer de le transporter intact à travers cette époque pour atteindre des jours meilleurs. »

« Finira-t-on par comprendre à la longue que l’amour de l’être humain en général porte infiniment plus de bonheur et de fruits que l’amour du sexe opposé, qui enlève de sa substance à la collectivité ? »

« J’adopte instinctivement le point de vue de l’artiste et je crois qu’un jour, quand il me paraîtra nécessaire de tout raconter, j’en aurai aussi le talent. »

Etty HILLESUM

Une vie bouleversée

[amazon_link asins=’2020246287,2020568330,2221114019,2757869841,2857045867′ template=’ProductCarousel1′ store=’partamazon-21′ marketplace=’FR’ link_id=’1b8f6ba9-341d-11e8-b032-7715d8ba72bc’]

Présentation du livre

De 1941 à 1943, à Amsterdam, une jeune femme juive de vingt-sept ans tient un journal et y consigne ce que vont être les dernières expériences de sa vie. Le résultat: un document extraordinaire, tant par l’incontestable qualité littéraire que par la foi qui en émane. Une foi indéfectible en l’homme alors même qu’il accomplit ses plus noirs méfaits. Car si les années de guerre voient l’extermination des Juifs partout en Europe, elles sont belles et bien, pour Etty Hillesum, des années de développement personnel et de libération spirituelle. Celle qui note en 1942 :  » en dépit de toutes les souffrances infligées et de toutes les injustices commises, je ne parviens pas à haïr les hommes « , et, quelque temps plus tard :  » J’ai déjà subi mille morts dans mille camps de concentration. Tout m’est connu, aucune information nouvelle ne m’angoisse plus. D’une façon ou d’une autre, je sais déjà tout. Et pourtant je trouve cette vie belle et riche de sens. A chaque instant.  » Celle-ci, donc, recherche et trouve sa morale propre et la justification de son existence dans l’affirmation d’un altruisme absolu. Loin de se dérober au destin de masse qu’elle juge inéluctable, elle décide de l’assumer pleinement et d’employer ses talents à soulager les maux de ses compagnons de misère. Partie du camp de transit de Westerbork le 7 septembre 1943, Etty Hillesum est morte à Auschwitz le 30 novembre de la même année.

[amazon_link asins=’2020246287,2020568330,2221114019,2757869841,2857045867′ template=’ProductCarousel1′ store=’partamazon-21′ marketplace=’FR’ link_id=’1b8f6ba9-341d-11e8-b032-7715d8ba72bc’]

Abonnement (gratuit)

4 commentaires

Commenter

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.